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http://www.cyberpresse.ca/article/20070622/CPMONDE/706220557/5846/CPACTUALITES
Plongé dans la misère depuis des décennies, le peuple afghan accueille favorablement l'aide internationale apportée.
Mais cette aide doit encore s'accélérer afin de ne pas perdre l'appui de la population dont la patience pourrait s'émousser.
C'est le message lancé hier midi par le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), Jaap de
Hoop Scheffer, au dîner de clôture de la Conférence de Montréal, forum économique international des Amériques.
Les progrès réalisés en Afghanistan au cours des dernières années sont imputables en grande partie à un engagement actif
de l'OTAN, dit-il. Mais il en faudra encore plus pour sortir le peuple de la spirale de la violence. « La majorité des Afghans
nous soutiennent. Mais, leur patience a des limites. Et c'est la raison pour laquelle il nous faut d'urgence accélérer encore
le processus de reconstruction civile », a lancé M. Scheffer. D'aucuns affirment qu'une des stratégies des talibans est de
détruire les infrastructures construites par la communauté internationale. Leur but : créer un tel chaos que la population
souhaitera retourner à la période plus stable - en dépit de l'absence totale de démocratie - du régime taliban.
« Nous devons maintenir nos efforts dans le domaine du développement et notamment, la reconstruction économique, indique
M. Scheffer. Le succès final ne sera pas obtenu par une victoire militaire. Le véritable succès en Afghanistan dépendra de la
reconstruction et du développement. La bataille que nous devons remporter à tout prix est celle qui nous permettra de gagner
la sympathie et la confiance des Afghans. »
Présence canadienne
Plus tôt, en conférence de presse, M. Scheffer a de lui-même abordé la question du manque d'appui de la population canadienne
face à la mission afghane. Exprimant sa sympathie à la suite de la mort de trois soldats canadiens, mercredi, il a tracé un parallèle
entre cette mission et la libération de l'Europe lors de la Seconde guerre mondiale. Dans un cas comme dans l'autre, dit-il, les soldats
défendent une noble cause. Lorsqu'on lui demande si le conflit afghan ressemble de plus en plus à celui en Irak avec une multiplication
des attentats aux engins explosifs improvisés, il répond qu'il existe de grandes différences entre les deux. Par contre, il dénonce la
stratégie des insurgés qui s'attaquent autant aux civils qu'aux militaires, sans distinction. « Les talibans et nous ne sont pas dans la
même catégorie morale, lance-t-il. Ils essaient de tuer le plus de civils possible dans ces attaques-suicides. »
M. Scheffer avance que le Canada, comme les autres pays de l'OTAN et leurs alliés engagés dans la mission, devraient prolonger
leur séjour au-delà de février 2009 si la situation l'exige. « Si dans les faits, plus de temps est nécessaire pour assurer la reconstruction
du pays, mon souhait, à titre de secrétaire général de l'OTAN, est que tous les pays présentement engagés y restent. » Il croit que la
résolution du conflit passe par trois autres actions : accélérer la formation de l'armée afghane afin qu'elle assure la sécurité de son pays,
maintenir la pression militaire sur les talibans et associer de plus près le gouvernement pakistanais.
« Notre devons associer le Pakistan plus étroitement à la recherche d'une solution, dit M. Scheffer. Malgré les mesures de répression prises
par le Pakistan contre les talibans et les mouvements transfrontaliers illégaux, la région frontalière entre le Pakistan et l'Afghanistan reste,
de facto, un sanctuaire pour les rebelles. Et il est difficile de venir à bout des rebelles qui trouvent refuge dans ces sanctuaires. »
