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La seconde vie des militaires blessés
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil
Québec
Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, en 2002, aucun militaire blessé n’a été obligé de quitter l’armée pour des raisons de santé. Les Forces tentent autant que possible de les réintégrer dans de nouvelles fonctions, lorsque leur état physique ne leur permet pas de poursuivre le métier qu’ils exerçaient auparavant.
C’est du moins ce qu’a affirmé le lieutenant-colonel Gérard Blais, directeur de soutien aux blessés à Ottawa, au cours d’une entrevue téléphonique avec Le Soleil. «On essaie d’être très flexibles pour trouver de nouvelles fonctions qui répondent à leurs intérêts», dit-il.
À Edmonton, un caporal-chef amputé aux deux jambes offre maintenant du soutien à d’autres militaires blessés.
À Petawawa, un tireur d’élite est devenu instructeur, puisque cette fonction nécessite de moins grandes aptitudes physiques. D’autres occupent des tâches administratives.
En principe, un soldat doit quitter l’armée lorsqu’il ne répond plus aux critères «d’universalité de services» : être en bonne forme physique, être prêt à être déployé en tout temps, etc. Mais ces règles pourraient bientôt être assouplies. «On étudie différentes options pour être capable de garder au sein des Forces ceux qui ne répondent plus à ces critères à la suite de blessures», explique le lieutenant-colonel Blais.
Depuis 2002, le budget des centres de soutien aux blessés est passé de 3 à
10 millions $. Sur chaque base, le personnel aide les blessés à accepter leurs nouvelles limites physiques et leur réorientation de carrière forcée.
«On retrouve une grande résilience chez les blessés», affirme M. Blais. Le plus tôt possible, ils font un retour au travail progressif qui les aide à retrouver une vie normale, ajoute-t-il.
Scepticisme
La volonté de garder les militaires blessés au sein de l’armée réjouit Georges Dumont, porte-parole du collectif de militaires victimes de stress post-traumatique. Mais il émet toutefois quelques réserves. «Je veux bien croire qu’on n’a pas obligé personne, depuis 2002, à quitter les Forces pour des raisons de santé. Mais quelquefois, on peut faire des pressions pour que le militaire décide de partir, en le “tablettant” ou en lui faisant miroiter des conditions plus intéressantes au civil», dit-il. Selon des chiffres obtenus par Le Soleil en novembre dernier, le nombre de militaires qui ont volontairement quitté les Forces armées a presque doublé depuis 2001.
Réorientation de carrière
Certains soldats blessés choisissent en effet de quitter l’armée pour réorienter leur carrière. Ils ont notamment droit à une priorité d’embauche dans la fonction publique fédérale. Certains sont recrutés par l’Agence des services frontaliers, par exemple.
Le Centre de soutien aux blessés cherche d’ailleurs à établir des partenariats avec différentes entreprises intéressées à les embaucher. La banque TD en a récemment recruté trois, intéressée par leur profil. «Il recherche des candidats intègres, qui ont du leadership et fiables sur le plan de la sécurité», explique le lieutenant-colonel Blais.
Un militaire qui décide de quitter les Forces peut aussi bénéficier des services des Anciens combattants. Leurs programmes ont été complètement remodelés depuis avril 2006 pour répondre aux besoins de la nouvelle génération de vétérans, dont la moyenne d’âge est de 37 ans. Rien à voir avec leur clientèle traditionnelle composée surtout de vétérans de la Seconde Guerre mondiale, âgés en moyenne de 84 ans.
«On a dû s’adapter à une nouvelle clientèle», explique Anne Marchand, directrice du bureau des Anciens combattants à Québec. «Tout est fait pour les réintégrer.»
Ces nouveaux vétérans ont maintenant droit à des services de réadaptation, tant sur le plan physique que psychologique, et de réinsertion professionnelle. Plutôt que de recevoir une pension d’invalidité, un militaire blessé a maintenant droit à une indemnité forfaitaire pouvant aller jusqu’à 255 000 $.
Pendant sa période de réhabilitation, il peut aussi recevoir une compensation financière qui équivaut à 75 % de son salaire dans les Forces.
Au bureau de Québec, la nouvelle génération de vétérans représente maintenant 50 % de la clientèle. Un chiffre qui pourrait prendre de l’ampleur, au cours des prochaines années.
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil
Québec
Depuis le début de la mission canadienne en Afghanistan, en 2002, aucun militaire blessé n’a été obligé de quitter l’armée pour des raisons de santé. Les Forces tentent autant que possible de les réintégrer dans de nouvelles fonctions, lorsque leur état physique ne leur permet pas de poursuivre le métier qu’ils exerçaient auparavant.
C’est du moins ce qu’a affirmé le lieutenant-colonel Gérard Blais, directeur de soutien aux blessés à Ottawa, au cours d’une entrevue téléphonique avec Le Soleil. «On essaie d’être très flexibles pour trouver de nouvelles fonctions qui répondent à leurs intérêts», dit-il.
À Edmonton, un caporal-chef amputé aux deux jambes offre maintenant du soutien à d’autres militaires blessés.
À Petawawa, un tireur d’élite est devenu instructeur, puisque cette fonction nécessite de moins grandes aptitudes physiques. D’autres occupent des tâches administratives.
En principe, un soldat doit quitter l’armée lorsqu’il ne répond plus aux critères «d’universalité de services» : être en bonne forme physique, être prêt à être déployé en tout temps, etc. Mais ces règles pourraient bientôt être assouplies. «On étudie différentes options pour être capable de garder au sein des Forces ceux qui ne répondent plus à ces critères à la suite de blessures», explique le lieutenant-colonel Blais.
Depuis 2002, le budget des centres de soutien aux blessés est passé de 3 à
10 millions $. Sur chaque base, le personnel aide les blessés à accepter leurs nouvelles limites physiques et leur réorientation de carrière forcée.
«On retrouve une grande résilience chez les blessés», affirme M. Blais. Le plus tôt possible, ils font un retour au travail progressif qui les aide à retrouver une vie normale, ajoute-t-il.
Scepticisme
La volonté de garder les militaires blessés au sein de l’armée réjouit Georges Dumont, porte-parole du collectif de militaires victimes de stress post-traumatique. Mais il émet toutefois quelques réserves. «Je veux bien croire qu’on n’a pas obligé personne, depuis 2002, à quitter les Forces pour des raisons de santé. Mais quelquefois, on peut faire des pressions pour que le militaire décide de partir, en le “tablettant” ou en lui faisant miroiter des conditions plus intéressantes au civil», dit-il. Selon des chiffres obtenus par Le Soleil en novembre dernier, le nombre de militaires qui ont volontairement quitté les Forces armées a presque doublé depuis 2001.
Réorientation de carrière
Certains soldats blessés choisissent en effet de quitter l’armée pour réorienter leur carrière. Ils ont notamment droit à une priorité d’embauche dans la fonction publique fédérale. Certains sont recrutés par l’Agence des services frontaliers, par exemple.
Le Centre de soutien aux blessés cherche d’ailleurs à établir des partenariats avec différentes entreprises intéressées à les embaucher. La banque TD en a récemment recruté trois, intéressée par leur profil. «Il recherche des candidats intègres, qui ont du leadership et fiables sur le plan de la sécurité», explique le lieutenant-colonel Blais.
Un militaire qui décide de quitter les Forces peut aussi bénéficier des services des Anciens combattants. Leurs programmes ont été complètement remodelés depuis avril 2006 pour répondre aux besoins de la nouvelle génération de vétérans, dont la moyenne d’âge est de 37 ans. Rien à voir avec leur clientèle traditionnelle composée surtout de vétérans de la Seconde Guerre mondiale, âgés en moyenne de 84 ans.
«On a dû s’adapter à une nouvelle clientèle», explique Anne Marchand, directrice du bureau des Anciens combattants à Québec. «Tout est fait pour les réintégrer.»
Ces nouveaux vétérans ont maintenant droit à des services de réadaptation, tant sur le plan physique que psychologique, et de réinsertion professionnelle. Plutôt que de recevoir une pension d’invalidité, un militaire blessé a maintenant droit à une indemnité forfaitaire pouvant aller jusqu’à 255 000 $.
Pendant sa période de réhabilitation, il peut aussi recevoir une compensation financière qui équivaut à 75 % de son salaire dans les Forces.
Au bureau de Québec, la nouvelle génération de vétérans représente maintenant 50 % de la clientèle. Un chiffre qui pourrait prendre de l’ampleur, au cours des prochaines années.
