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Lors du prochain sommet de l'OTAN, en avril à Bucarest, le président français, Nicolas Sarkozy, devrait annoncer l'envoi de plusieurs centaines de soldats en Afghanistan, plus précisément dans les zones de combat.
La France va accroître son effort militaire en Afghanistan
Selon le journal Le Monde, M. Sakozy et ses conseillers sont en train de préparer une nouvelle politique en Afghanistan qui irait dans le sens d'une présence plus
importante. Actuellement, ils sont 1200 soldats français déployés à Kaboul au sein de la brigade multinationale.
Toujours selon le quotidien français, cette nouvelle politique française pour l'Afghanistan est motivée par deux objectifs. D'une part, Nicolas Sarkozy veut montrer sa
solidarité avec les États-Unis, qui ont demandé aux alliés de l'OTAN d'augmenter le nombre de soldats.
D'autre part, en s'impliquant davantage en Afghanistan, le président français veut endiguer la menace d'Al-Qaïda en Europe. Car selon des rapports des services de
renseignements français, des éléments d'Al-Qaïda au Waziristan pakistanais et en Afghanistan auraient établi des liens avec le groupe d'Al-Qaïda au Maghreb.
Selon les sources du journal français, le nouveau déploiement de soldats français dans l'est du pays permettrait aux Américains de prêter main-forte aux Canadiens
dans le sud. Par ailleurs, une conférence internationale sur l'Afghanistan aura lieu en juin à Paris. Celle-ci est présentée comme un signe de soutien au président afghan Hamid Karzaï.
La France va accroître son effort militaire en Afghanistan
Paris réfléchit au déploiement de centaines de soldats supplémentaires hors de Kaboul, où est actuellement concentré le contingent français. Leur destination serait des
zones de combat potentiellement intense, de préférence la région est de l'Afghanistan, face aux régions tribales pakistanaises, indique-t-on à Paris. La guérilla y est constituée de
nombreux combattants apparentés à Al-Qaida, et Paris estime que la difficile question de la distinction à établir entre paysans pachtouns et rebelles talibans
– une des gageures de cette guerre – se poserait avec moins d'acuité que dans la région sud.
L'Elysée semble déterminé à renvoyer en Afghanistan des commandos des forces spéciales françaises. Celles-ci avaient été partiellement retirées en janvier 2007 par Jacques
Chirac (sur 200 hommes, seuls 50 étaient restés pour former les forces spéciales afghanes). Ces commandos français avaient, à partir de 2003, affronté les combattants
d'Al-Qaida dans les montagnes proches du Pakistan, aux côtés des forces américaines de l'opération "Enduring Freedom".
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Pour Paris, le dossier afghan s'insère en outre dans une séquence diplomatique plus large, qui met en jeu l'ambition affichée par M.Sarkozy de relancer l'Europe de la défense
à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne, au second semestre 2008, de même que l'idée, lancée en août 2007, que la France puisse "reprendre toute sa
place" au sein d'une Alliance atlantique "rénovée". Ce dernier point pourrait, indiquent des diplomates, faire l'objet d'annonces au printemps 2009, lorsque sera célébré le 60e anniversaire de l'OTAN.
Par un affichage fort sur l'Afghanistan, en rehaussant le profil de la contribution française à l'ISAF – faible, en comparaison avec celle d'autres pays européens, et en proportion
des capacités de projection françaises –, Paris veut améliorer sa position de négociation face aux Alliés sur les grands chantiers de la sécurité et de la coopération transatlantique.
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Paris se prépare à accueillir, en juin, une conférence internationale sur l'Afghanistan, décrite à l'Elysée comme un geste de soutien à M. Karzaï, qui en avait formulé la demande
lors de la visite à Kaboul de M.Sarkozy, le 22 décembre 2007. L'option d'un déploiement français dans l'Est de l'Afghanistan aurait, selon Paris, l'avantage de faciliter la cohésion
du dispositif militaire français, puisque c'est dans ces régions que sont déjà déployées quatre équipes françaises d'instructeurs militaires (Operational Mentoring Liaison Teams,
OMLT), chacune comportant 50 soldats insérés dans des unités de l'armée afghane.
Cette préférence donne lieu à des discussion vives avec le Canada, qui a conditionné la poursuite, au-delà de 2009, de son effort militaire dans le sud, à Kandahar, à l'envoi de
1000 soldats étrangers en renfort. Toutefois l'arrivée dans l'Est de soldats français pourrait permettre à des troupes américaines actives dans le secteur de basculer au sud pour y prêter main-forte aux Canadiens.
La composante anti-Al-Qaida de l'effort militaire français en Afghanistan semble importante pour M. Sarkozy. Les services de renseignement ont détecté que les réseaux
djihadistes ancrés dans le Waziristan pakistanais et actifs en Afghanistan ont établi des liens avec les groupes se réclamant d'Al-Qaida en Afrique du Nord, qui constituent une menace pour l'Europe.
